Clairefontaine et l'UNICEF au Maroc : ensemble contre l'abandon scolaire.
Pourquoi le Maroc ?
Le Maroc semble être en passe de réussir sa transition vers la modernité : - élections libres en 2002 ; - modernisation de certaines coutumes archaïques et discriminatoires, sous l'impulsion du roi Mohamed VI ; - égalité entre l'homme et la femme (Nouveau Code de la famille, 2003) ; - la croissance économique au rendez vous.
Mais quelques ombres viennent assombrir ce tableau : - plus de 600 000 enfants marocains de 7 à 14 ans (soit 11% de ce groupe d'âge) seraient obligés de travailler (ces chiffres ne prennent pas en compte les formes illégales du travail des enfants comme la prostitution) ; - plus de la moitié de ces enfants ne sont jamais allés à l'école ; - seulement 14% des garçons et 8% des filles qui travaillent ont accès à une éducation normale.
1 enfant sur 10... Le gouvernement marocain essaie de lutter contre cet état de fait. Par exemple, le nouveau code du travail a relevé l'âge minimum d'emploi de 12 à 15 ans. Mais le taux d'abandon scolaire reste très élevé. Sur 10 enfants marocains, un seul finira une scolarité complète. De fait, les parents restent aujourd'hui très dubitatifs sur la valeur de l'éducation. Leur vision à très court terme les motive à retirer l'enfant du système scolaire très rapidement afin qu'il puisse apporter ainsi un revenu supplémentaire à la famille.
L'engagement de Clairefontaine Clairefontaine soutient donc un programme UNICEF permettant de lutter contre l'abandon scolaire. Un objectif : faire comprendre aux parents, aux instituteurs, aux responsables administratifs et locaux l'mportance que peut avoir l'école dans le développement psychique et physique de l'enfant.
L'école des enfants... et des parents ! Le principe de ce projet novateur est simple et ambitieux : permettre à tous (parents, enseignants, inspecteur d'académie ) de se rencontrer pour construire ensemble une école de qualité ! Grâce à une grille de qualité (les critères reposent sur la Convention des droits de l'enfant), ils font le diagnostic de l'école actuelle et la notent, puis ils décident ensuite, tous ensemble, des améliorations à y apporter. Parce qu'ils auront pu décider de ce que doit être une bonne école pour leurs enfants, les parents seront d'autant plus motivés à les y envoyer ! Parents et responsables éducatifs se rencontrent en groupe puis en séance plénière pour cette évaluation et aussi pour discuter ensemble des actions concrètes à mettre en oeuvre. Toute la communauté est réunie autour de ce même projet et les uns et les autres sont impliqués dans sa mise en oeuvre. Tous sont responsables !
L'école devient alors un véritable lieu de vie, un endroit où l'on peut discuter de problèmes et tenter de les régler par la concertation.
Sur le terrain... Dans une école de la province de Chef Chaouen, en milieu rural, le processus de grille de qualité a permis de répartir les responsabilités entre les parents, la communauté et la direction de l'école pour l'approvisionnement en eau potable de l'école. Cela faisait plusieurs années que tout le monde se renvoyait la balle sur ce sujet et qu'aucune décision concrète n"était prise. La concertation mise en oeuvre dans le cadre de cette grille de qualité a permis d'approvisionner l'école en eau potable. Les taux d'abandon ont alors fortement chuté.
Dans cette autre école, les habitants se sont organisés pour construire les bâtiments et une bibliothèque. On sent, grâce à ce processus, une plus forte implication de tous pour placer l'école au centre des préoccupations.
Des résultats qui comptent Cette grille permet d'obtenir d'excellents résultats en termes de chute de l'abandon scolaire. Dans les écoles impliquées, le taux d'abandon est passé de 12% à moins de 4% l'année suivante.
Les parents se rendent compte de l'importance de l'école et de l'éducation. Cela a même donné lieu dans certaines écoles à la mise en place de classes d'alphabétisation pour les mères ou le développement des cours de pré-scolaires avant inexistants.
Grâce à l'aide du groupe Clairefontaine, l'UNICEF et ses partenaires locaux changent peu à peu les mentalités et permettent de mettre l'enfant au centre des préoccupations de chacun.